LES REVES ABOUTISSANTS A MA RECONTRE AVEC ERNST FUCHS
Les quatre rêves suivants, rêvés dans une période de deux ans, forment une série linéaire. Certains motifs se répètent, tels que 'monter sur la mezzanine ou au deuxième étage'. Certains rêves font même directement référence à des évènements des rêves précédents, bien qu'ils aient été rêvés à des mois d'intervalle. Le plus important est qu'il y a une évolution graduelle, puisque les tentatives répétées pour rencontrer Ernst Fuchs échouent d'abord dans la frustration, puis finalement réussissent.
STRASBOURG, REVE DE LA NUIT DU 18 MAI 1997
Je suis à un évènement tel que le festival du film à Cannes, bien que ce soit pendant sa période de répétition. Dans un grand auditorium couvert par une structure de toile, je regarde un groupe d'une dizaine de noirs américains en train de répéter leur chorégraphie. Ils sont plein d'énergie et d'enthousiasme, ce qui est très étranger à la culture européenne (qui s'exprime avec des manières plus discrètes).
Quelqu'un vient vers moi et me dit que Ernst Fuchs vit au coin de la rue, et qu'il y a la possibilité d'aller le voir. En même temps, l'un des jeunes danseurs noirs entend ce qui se passe et le dit à ses compagnons. Florence, ma femme, est aussi avec moi.
Nous allons vers un bâtiment, montons au deuxième étage, et frappons à la porte. La porte est ouverte par la famille de Fuchs. Tous ont autour de 25 - 30 ans, et ont l'air de typiques Juifs cultivés du début du siècle à Vienne. Comme européens, ils sont amusés par les noirs américains qui se tiennent devant leur porte.
Je demande où je peux trouver Fuchs, et sa fille répond qu'il n'est pas là pour l'instant, mais qu'on peut le trouver non loin d'ici, dans son Café préféré. Elle dit cela d'un air de taquinerie, donnant seulement de vagues informations. Elle est quand même intriguée par l'idée que notre groupe va entourer Fuchs dans son Café préféré.
Puis, l'un de ses fils aînés s'avance - barbu, avec des lunettes, les cheveux frisés, assez intellectuel. Il m'explique que c'est le troisième Café sur la gauche, et Fuchs est généralement assis au deuxième étage.
Je le remercie, et nous sortons tous pour y aller. Je suis en tête, suivi par Florence, puis tous les jeunes noirs. Nous trouvons le Café, et je commence à monter les escaliers quand - je me réveille.
PARIS, REVE DE LA NUIT DU 20 FEVRIER 1998
Je voyage avec Florence. Nous sommes en voiture et elle conduit. Je regarde par la fenêtre, et vois un marché où il y a beaucoup de livres à vendre. En particulier, je remarque des livres d'occasion sur l'Art de Ernst Fuchs. (l'endroit est vague, cela pourrait être Vienne, mais les étals ressemblent aux bouquinistes sur les Quai de la Seine à Paris).
Je descends de voiture pendant que Florence essaie de trouver une place pour se garer. En regardant les livres, je m'aperçois aussi qu'il y a beaucoup de blocs de pierre sculptés autour de moi. Je réalise alors que ce sont des parties de la fontaine que Fuchs a réalisé, travaillant dessus de temps en temps, pendant plusieurs années.
Je trouve un livre, qui est en fait le carnet de rendez-vous qui a appartenu à Ernst Fuchs (similaire au carnet de rendez-vous que j'avais à Toronto et à Munich). Il contient tous les différents rendez-vous écrits par Fuchs lui-même ainsi que quelques gribouillages occasionels.
Au dos du carnet, je trouve un message adressé à Fuchs écrit de ma propre main. Je demande à le rencontrer.
Puis, j'ai l'impression d'être dans la librairie du Musée de Ernst Fuchs. Fuchs entre, regarde autour de lui, et me remarque. Il vient vers moi et dit en anglais qu'il me reconnaît. Il me serre la main (chaleureusement, avec un fort sentiment de contact) et nous nous embrassons même sur la joue deux fois (comme c'est la coutume à Paris. je tourne la tête pour l'embrasser une troisième fois, comme c'est la coutume dans le Sud de la France, mais il se retire). Je lui dis que nous nous sommes rencontrés à Paris la dernière fois, à son Vernissage. Puis, je réfléchis à ce que vais dire ensuite, afin d'engager la conversation. Je lui dit que je passe beaucoup de temps entre Vienne et Paris et que, en fait, 'j'ai essayé de vous contacter il y a quelques semaines, mais je ne vous ai pas trouvé chez vous'. (dans le rêve, je semble me souvenir du dernier rêve que j'ai eu, comme si c'était réel...)
Je me tourne vers Florence, qui est là maintenant, et lui demande, 'C'est vrai, n'est-ce pas?'
En fait, je veux en venir au fait de le rencontrer en privé afin de discuter des techniques de peinture. Mais Fuchs s'éloigne soudainement, car une autre personne détourne son attention.
Déçu par moi-même, je me réveille.
PARIS, LUNDI DE PAQUES, REVE DE LA NUIT DU 13 AVRIL 1998
Je suis avec Ernst Fuchs, et nous admirons l'architecture d'un bâtiment qu'il a construit. Il y a la sensation que l'on se connaît déjà, mais pas très bien. Son bâtiment est fait principalement de béton moulé, donnant le style sombre d'une église Romanesque. Mais, de là où nous sommes (le sol de la cathédrale), il y a un fantastique effet Escheresque. Nombreux portails, arcs et longues colonnes Gothiques gravissent gracieusement dans plusieurs directions.De là où nous nous tenons, je remarque que, peu importe de quel côté mon regard se tourne, il y a une longue perspective, comme si je regardais une voûte gothique. Bien que ces nombreux points de perspectives seraient en réalité impossibles, elles créent dans mon rêve une merveilleuse harmonie fantastique.
Je raconte à Fuchs que ceci me rappèle un couplet de la Chanson 'Helter Skelter' ('When you get to the bottom you go back to the top of the slide, then you turn and you stop and you go for a ride, then you get to the bottom, then you see my again...'). 'Qu'est-ce que c'est ? demande-il. Je lui répond 'c'est une chanson des Beatles'. Il fait un signe de la tête, apparemment il n'est pas familier avec les Beatles. Alors, sur un bout de papier, il note ce que je viens de lui dire.
Puis je m'éloigne seul afin d'explorer le bâtiment plus en détail. Bientôt, je suis sur le haut de la mezzanine, et il y a plein de touristes de pays différents qui explorent également le bâtiment. Je remarque plusieurs expositions. L'une d'entre elles montre les différents instruments alchimiques et astronomiques. Une autre est un large livre sculpté qui a pour but de démontrer de quel arbre généalogique Freud descend. Puis, on entend l'annonce de fermeture du musée.
PARIS, REVE DE LA NUIT DU 21 SEPTEMBRE 1998
Je suis avec Ernst Fuchs dans son atelier. Nous avons reçu une commande, impliquant le design d'un film qui utilise la Kabbale. Fuchs m'explique sa vision de la Kabbale, me regardant fixement, et je comprends ses idées sans problème.
Je me prépare à rassembler les couleurs et la peinture dont je vais avoir besoin, pensant que je vais sûrement travailler seul sur le projet. Mais, je vois que Fuchs et moi allons finalement peindre ensemble.
Je monte vers la mezzanine pour chercher quelque chose. Soudain, je m'arrête et regarde l'atelier d'en haut. Je réalise que, après plusieurs tentatives, j'ai enfin réussi à devenir son assistant. Bien que ce ne soit pas, en tout cas, mon dernier but dans la vie, c'est un pas en avant très important. Fuchs m'a témoigné sa reconnaissance. Et, avec cette pensée, le rêve prend sa fin.
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