J'écris actuellement un roman qui est relié à la Série Anima. Tout en écrivant, des souvenirs personnels des femmes que j'ai rencontrées dans ma vie sont explorés et comparés à leurs équivalents mythiques. Puisque je suis d'origine maltaise, je suis particulièrement fasciné par les cultures Mégalithiques, Phéniciennes, Sarrasines, et Chrétiennes qui ont laissé des traces de leurs mythes et symboles dans la psyché maltaise.
Ce roman, Les Méditations d'un Hérétique, peut être consulté dans la section 'Ecritures'. Ici, dans ma peinture intitulée Le Sacrifice, je poursuis en images ce que le roman poursuit en mots.
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Lorsque nous nous sommes rencontrés à Malte, elle avait dix ans de moins que moi, et ne savait pas encore quel chemin prendre dans la vie. Moitié anglaise, moitié maltaise avec une enfance passée en Angleterre, à Chypre, en Allemagne et à Malte, nous avions en commun une existence vagabonde. Nous avons finalement vécu à Munich pendant deux ans. Pendant ce temps, différentes images de Déesses sont apparues, offrant leurs chemins variés à travers la vie.
Bien qu'anglaise dans son apparence et sa manière de parler, son sombre intérieur était purement maltais. Puisque mes racines sont aussi maltaises, notre relation faisait remonter à la surface un tas d'habitudes ancestrales et d'archétypes oubliés du passé culturel de l'île. Ceci explique les sculptures différentes sur l'autel, qui manifestent les différentes étapes de vénération à Malte.
Toutes ces déesses sont reliées aux quatre phases différentes de la lune. Elles sont aussi reliées à la figure centrale, dont les quatre visages portent leurs regards vers quatre directions opposées. Si je me souviens bien, durant les phases de la lune, mon amie pouvait refléter chacune de ces Déesses...
Sur le côté gauche se trouve une ancienne Déesse Mère trouvée dans un temple mégalithique. La vénération de la Déesse dans la culture mégalithique a duré pendant des milliers d'années sur l'île, d'environ 5000 à 2500 av. J.-C. Ici, la Déesse manifeste la fertilité, l'abondance, et les mystères de la mort et la renaissance. Derrière elle se trouve la Déesse phénicienne Astarte. A partir de 800 av. J.-C., de nombreux temples ont été construits pour Baal et Astarte à Malte. Soulevant sa poitrine, elle manifeste l'amour, la sexualité et le plaisir.
Sur la droite se trouve une statue maltaise appelée 'la Madonne de la Grotte'. L'original se trouve au milieu d'un bassin d'eau dans une caverne près du village natal de mon père, Mellieha. Elle a été vénérée par les villageois pendant des siècles. Soulevant le miracle qu'elle a porté en son sein, la Madonne chrétienne combine la fertilité et la virginité.
Finalement le fragment en bas à droite suggère d'autres images de la Déesse qui sont perdues et inconnues.
En dépit de tous ces archétypes surgissant d'un passé maltais commun, d'autres images ont émergé. Le livre sur la gauche montre Le Parfait Esprit de Foudre, un Evangile gnostique sur les qualités contradictoires de la Déesse de la Sagesse.
A l'arrière-plan sur la droite est représenté un rêve au sujet de notre relation : nous partions visiter le temple de Mnajdra à Malte. C'est un temple mégalithique sur les falaises, surplombant la Méditerranée (et la petite île de Filfa visible à l'horizon). J'avais appris qu'une arche avait été construite entre le temple mégalithique et une église baroque construite sur l'une de ses absides. Lorsque nous nous sommes approchés, j'ai pu voir cet étrange temple mégalithique/chrétien dans toute sa majesté. Puis nous sommes arrivés à un portail médiéval en fer forgé stylisé dans une arche de pierre. Mon amie dit "Mon père a la clé pour entrer ici." Elle a ensuite produit la clé et nous sommes entrés par le portail. Nous avons même commencé à monter le long escalier serpentin, mais ne sommes jamais arrivés jusqu'au temple...
La peinture montre ce temple mystérieux de mon rêve, ainsi que l'escalier y accédant. Sur le portail sont inscrits les mots 'mon père a la clé pour entrer ici' ainsi que 'Somnium 12.9.1994'.
Lorsque notre relation a commencé à s'écrouler, elle m'a demandé de lire les cartes de Tarot (une chose que je fais rarement, car les prédictions se vérifient toujours). La carte finale indiquait qu'elle trouverait sa voie dans la vie seulement si elle suivait un chemin en dehors du mien. Celle-ci, la carte de la Papesse (ou Grande Prêtresse), est celle qu'elle tenait dans sa main gauche. Et, dans la main droite elle serre le couteau...
Elle se tient devant l'autel d'un temple mégalithique. Sur un tel autel, des animaux étaient abbatus, sacrifiés, et brûlés comme offrandes (les restes carbonisés des os animaliers, ainsi qu'un couteau en obsidienne ont été trouvés dans un tel autel). Telle la Grande Prêtresse, elle tient le couteau sacrificiel. Et devant elle sur l'autel se trouve le sacrifice qui, lorsque tout a été dit, était moi-même...
Elle avait eu le courage de sacrifier consciemment notre relation. Et à ce moment, la sagesse ancienne de la Déesse est devenue manifeste, un regard sur le monde qui reconnaît en chaque fin un nouveau commencement - le cycle de stérilité et fertilité, la mort et la renaissance.
Telle est la sagesse que révèle la Grande Prêtresse. Mais la Déesse elle-même, comme les Egyptiens l'ont compris, restait pour toujours invisible et inconnue. C'est pourquoi, inscrite sur l'arche au-dessus de la prêtresse, se trouve l'expression égyptienne : PERSONNE N'A LEVE MON VOILE.
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